Un peu de poussière sur les livres d’Histoire – Épisode 3 : La caravelle terrienne

Artiste image d’en tête : AdamKop (Deviantart)

Une nouvelle spatiale en 5 épisodes.
Temps de lecture estimée : 15mn

Episode 1 : Des nouvelles de l’espace

Episode 2 : La mission


Le commandant leva brièvement les yeux vers Venka et lança « Hangar 2B » avant de se replonger dans la conversation. Elle s’inclina, et se propulsa doucement vers la porte.

A l’extérieur, un certain ordre était revenu. Les tunnels s’étaient vidés et chaque soldat se trouvait à son poste. Il n’y aurait surement aucune bataille autour du cylindre avant des mois, mais le protocole d’urgence avait été décrété. Venka s’élança à travers les couloirs jusqu’aux ascenseurs menant au hangar principal. Une fois qu’elle fût attachée, la cabine fila à pleine vitesse. Une sensation étrange lui comprimait la poitrine, un mélange d’angoisse et d’excitation. Ce trajet, presque silencieux à l’exception du chuintement de l’air qui propulsait la cabine, semblait irréel, déconnecté de la réalité. Déconnecté de ce qui se tramait, à plusieurs dizaines de millions de kilomètres de là, sur la planète rouge ; mais aussi de ce qui était en train de se décider sur la planète bleue. Déconnecté un instant du scénario dans lequel elle se trouvait, un scénario palpitant, imprévisible. Une péripétie immense, comme cet astéroïde qui avait croisé le chemin du vaisseau, qui pouvait très bien l’écraser ou l’éviter au dernier moment. Venka se sentait portée par des forces profondes dont elle n’était que le pantin désarticulé. Peu importait la réussite de sa mission, il y avait des choses déjà écrites, des combats déjà remportés, une histoire avec ou sans majuscule. Elle serait écrasée par la comète éclatante, par la révolution de Mars et du système solaire. Pour elle ce serait la fin de parcours, la collision ultime, mais pour la comète ce ne serait rien qu’une mouche en plus sur un pare-brise maculé d’impacts ; ou alors, la comète passerait à côté, Venka sentirait l’attraction irrésistible de l’objet massif, de cette révolution, et, imperceptiblement, Venka influerait sur la trajectoire de l’Histoire, qui serait modifiée d’un nanomètre, et qui épargnerait certaines mouches au profit d’autres.

Dans cet ascenseur rapide, le temps parut long et la pause salvatrice. Elle inspira un grand coup, et lorsque les portes s’ouvrirent, Venka se sentait mieux. Le hangar 2B ressemblait à un puits horizontal qui menait jusqu’à une porte métallique. Les vaisseaux étaient tous disposés sur leurs rails de lancement. C’étaient pour la plupart des modèles récents, de forme arrondie avec l’avant profilé. Leur armature noire contribuait au camouflage visuel et rendait leur prise en chasse complexe. Quatre d’entre eux étaient en position de décollage. Un agent de la sécurité externe flotta vers elle avec agilité. Il n’était pas grand de taille et portait une barbe inégale. 

– Capitaine Stone ? 

– Appelez-moi Venka.

– Très bien. Nous sommes à vos ordres.

Elle hocha la tête et flotta derrière-lui jusqu’au premier vaisseau. Une dizaine de membres d’équipage attendait ses instructions. Elle prit une grande inspiration et déclara :

– Bien. Je ne connais que certains d’entre vous de visages. J’espère que vous m’excuserez de ne pas avoir retenu vos prénoms. Savez-vous quel est le contenu de notre mission ?

Tous acquiescèrent. On les avait briefés. 

– Formidable. Avons-nous des contrôleurs de vol pour nous épauler ?

– Trois, répondit le lieutenant. Deux des vaisseaux devront partager les informations de vol. 

« Un contrôleur pour deux vaisseaux, on ne me facilite pas la tâche », songea-t-elle. Les contrôleurs de vol restaient à bord de la station, mais supervisaient beaucoup d’instruments : radars magnétiques, état du vaisseau en mission, coordonnées, environnement extérieur. Ils faisaient également passer les ordres des supérieurs. Elle haussa les épaules.

– Allons-y.

Les équipages rejoignirent leurs vaisseaux respectifs. Une échelle latérale permettait de flotter jusqu’au sas de chaque vaisseau. L’intérieur de l’engin était assez exigu. La majorité de l’espace du véhicule était dédiée au système de propulsion et à l’armement. Il ne restait qu’un petit poste de commandes dans lequel un pilote, un copilote et un artilleur devaient se serrer. La vitre, à l’avant, était composée de carreaux de verre épais, séparés par des barrettes métalliques. Ce fonctionnement garantissait l’étanchéité de l’habitacle, mais créait aussi de nombreux angles morts. Des caméras extérieures étaient nécessaires pour garantir une meilleure visibilité au pilote. Venka s’assit dans le fauteuil principal et se sangla. L’artilleuse et le copilote qui l’accompagnaient firent de même. La capitaine jeta un œil aux instruments de contrôle et inséra un écouteur dans son oreille.

– Ici vaisseau leader. Vaisseau 2, 3 et 4, parés ?

Les trois autres pilotes répondirent par l’affirmative.

– Contrôleur de station, vous me recevez ?

– Vous pouvez décoller, répondit une voix masculine.

Venka activa l’enclenchement du décollage. Un chariot de propulsion, que les pilotes surnommaient « la locomotive », poussa le vaisseau sur les rails en direction de la première porte. Elle s’ouvrit doucement, laissant passer la flottille, et se referma derrière eux. La locomotive ralentit puis s’arrêta. A cent cinquante mètres se tenait une deuxième porte qui donnait sur l’espace.

– Capitaine Stone ?, demanda la voix dans l’oreillette.

– Parée au décollage, répondit-elle.

L’air du sas se vida, puis la porte extérieure s’ouvrit. Comme à chaque fois qu’elle effectuait une sortie, Venka ressentit un frisson en apercevant les étoiles. Elle n’eut pas le temps de s’en émouvoir davantage. La locomotive s’élança brusquement, poussant le vaisseau devant elle. A quelques mètres du bord, elle pila, et le vaisseau fût projeté dans l’espace.

– Contrôleur 1, nous avons plongé, annonça Venka.

Rapidement, les trois autres vaisseaux suivirent à la file indienne. Venka orienta doucement le sien pour qu’il s’aligne sur la trajectoire du cylindre.

– Contrôleur 1, où se trouve la cible ?

– Je vous envoie les coordonnées du point de rencontre et de la trajectoire de vol.

– Parfait, merci.

Sur l’ordinateur de bord, l’écran noir afficha une suite de coordonnées jaunes et indiqua la direction. Venka activa les propulseurs du vaisseau. Ils s’éloignèrent très lentement de la station. Une heure s’écoula.

– Ici Contrôleur 1. Capitaine Stone, restez à cette position relative par rapport à Solar IV, vous croiserez la cible dans une vingtaine de minutes.

– Bien reçu. Transmettez l’information aux autres vaisseaux s’il vous plait.

– Reçu.

Elle ralentit les moteurs. A sa gauche, la station semblait avoir rétrécie. Jupiter brillait très fort, loin devant eux. Venka essuya son front. Dans l’habitacle, il faisait toujours trop chaud. Elle jeta un œil aux thermomètres externes. La face non exposée au soleil atteignait les -120°C. Elle frissonna. L’artilleuse fredonnait machinalement un air à la mode des stations orbitales. Le copilote, lui, observait les étoiles en silence. Venka ne les connaissait pas, elle pensait même ne jamais les avoir croisés.

– Comment avez-vous atterri ici ?, leur demanda-t-elle subitement.

Les deux membres d’équipages se tournèrent vers elle. Le copilote ne savait visiblement pas quoi répondre. L’artilleuse, en revanche, sourit de toutes ses dents et s’exclama :

– J’ai signé sans lire les conditions générales d’utilisation !

Et elle partit d’un rire franc. Le copilote haussa les épaules, et Venka comprit qu’elle n’en tirerait rien. Une voix grésillante coupa court à la discussion :

– Vaisseau leader, ici vaisseau 3. Cible en vue.

Effectivement, une étoile se déplaçait beaucoup plus vite que les autres. Elle grossissait à vue d’œil.

– Ici vaisseau leader, position en maillons.

Les vaisseaux s’exécutèrent en douceur, et se répartirent sur une ligne horizontale, à trois cent mètres de distance les uns des autres. Venka était ainsi sûre que le vaisseau terrien les verrait. Il ne pourrait de toute façon plus faire marche arrière. Venka ouvrit un canal de communication public.

– Caravelle terrienne 536. Ici le Capitaine Stone, des forces d’interventions de Solar IV. Vous me recevez ?

Une voix avec un fort accent terrien lui répondit :

– Ici le Capitaine Ernesto de la caravelle 536. Nous vous recevons parfaitement.

– Vous entrez dans la zone de contrôle de Solar IV. Notre niveau de sécurité a été relevé en réponse aux récents événements politiques. Nous allons devoir vous arraisonner.

– Pourquoi ne sommes-nous pas en contact direct avec la tour de contrôle de la station ?, s’étonna l’interlocuteur.

– Nous sommes en état d’alerte maximale. La frontière est fermée, les vaisseaux extérieurs escortés. Vous ne pouvez entrer en communication avec la tour.

Il y eut un silence. Le capitaine du vaisseau terrien semblait réfléchir. Venka le voyait grossir face à elle.

– Capitaine Ernesto, je vais vous demander de ralentir pour vous laisser arraisonner.

– Je ne peux pas obéir à cet ordre, répondit son interlocuteur. Nous sommes en mission diplomatique, envoyée par le secrétaire général de l’OSU. Vous vous apprêtez à créer une crise diplomatique d’une grande ampleur, Capitaine Stone. 

– Je réitère ma demande. Freinez en trois à-coups pour montrer que vous coopérez.

A nouveau le silence se fit. Dans l’habitacle, la température avait encore monté d’un cran. Les autres vaisseaux de la flottille restaient silencieux, attendant les ordres. Le point gris avait grossi et Venka pouvait distinguer les contours du vaisseau terrien. Il n’y avait pas de haut ou de bas dans l’espace, un capitaine notait donc le sens d’un autre vaisseau de manière relative. Ainsi, si la cabine de pilotage de l’autre vaisseau paraissait tournée vers « le bas », le sens relatif était de 180°. En l’occurrence, la caravelle terrienne qui approchait avait un sens relatif de 75° environ, comme un bateau en train de chavirer.

– Caravelle 536, vous avez trois minutes pour obtempérer.

Silence. Parasites sur la fréquence.

– Caravelle 536, répondez, recommença Venka.

– Vous violez le droit spatial, Capitaine, j’espère que vous en avez conscience. La libre circulation des personnes et des marchandises est inscrite dans le chapitre 3, je vous invite à le consulter.

– Nous savons vous et moi que cette libre-circulation n’a jamais été appliquée.

– Vous politisez une question juridique.

– Depuis quelques heures, tout est politique, répliqua-t-elle. Et d’un point de vue purement juridique, nous avons pleinement le droit de renforcer les contrôles en cas de crise majeure au sein du système solaire. L’OSU ne pourra le remettre en question. Encore une minute trente, Capitaine Ernesto.

Venka fit signe à l’artilleuse de se préparer et changea de fréquence.

– Vaisseaux 2 et 3, ici vaisseau leader. Tenez-vous prêt. N’ouvrez le feu qu’en cas d’absolue nécessité. Visez les capacités de tir de la caravelle en priorité. Vaisseau 4, faites demi-tour, plein gaz vers la station. Si le vaisseau terrien force le passage, il faut que vous soyez déjà lancés pour ne pas que nous le perdions.

Le vaisseau 4 s’exécuta et s’éloigna. Elle rebascula sur l’autre canal. La caravelle terrienne restait silencieuse. Elle filait droit sur eux. Venka opéra la même manœuvre que le vaisseau 4 : elle fit demi-tour, se positionna dos à la caravelle terrienne, et se lança à pleine vitesse vers Solar IV. Il fallait que son vaisseau ait pris assez de vitesse pour que la caravelle ne les dépasse pas trop rapidement et qu’ils puissent l’aborder facilement.

– Caravelle 536. Il vous reste dix secondes pour obtempérer. Nous vous intercepterons dans le cas contraire.

– Traîtres !, cracha le terrien avant de couper son micro.

Tout était dit. La caravelle faisait au moins vingt fois la taille des vaisseaux d’interception solariens. Peu maniable, mais bien armée et plutôt solide. Un vaisseau taillé pour les longs voyages interplanétaires. La caravelle ouvrit le feu à quelques dizaines de kilomètres. Les vaisseaux 2 et 3 eurent largement le temps de dévier les deux torpilles-fusées avec des leurres. C’était une manœuvre maladroite de la part du terrien. Les vaisseaux solariens répondirent avec des salves de mines en direction des rampes à missiles. Elles ricochèrent sur la coque et se perdirent dans l’espace. La caravelle ne ralentissait pas.

– Vaisseau 2 et 3, envoyez les filets, ordonna Venka en observant son radar.

Ils s’exécutèrent. Un immense filet magnétique se déploya dans l’espace. La caravelle n’eut pas le temps de l’éviter. Il se fixa sur la paroi métallique du vaisseau de l’OSU, sans un bruit. Une centaine de rétrofusées s’activèrent pour ralentir la caravelle.

– Bien tiré, commenta Venka. Rejoignez…

Les deux vaisseaux solariens, 2 et 3, furent pulvérisés. Deux torpilles les avaient touchées directement lorsque la caravelle était passée au-dessous d’eux. D’ordinaire, pour éviter les débris, les vaisseaux n’ouvraient le feu qu’à une distance respectable de leur cible. Tirer d’aussi près, c’était prendre des risques énormes. Venka n’eut pas le temps de s’émouvoir de la mort de deux équipages. L’étonnante fébrilité du capitaine terrien lors de son premier tir, et sa folie lors du deuxième, révélait l’importance de sa mission. Il avait des ordres clairs. Il allait porter atteinte à la station. Venka ne perdit pas une seconde de plus. Elle ajusta la trajectoire de son vaisseau pour rejoindre la caravelle ralentie par le filet magnétique.

– Contrôleur 1, dit-elle. Vaisseau 2 et 3 abattus. La caravelle 536 a un comportement extrêmement dangereux.  Sa mission finale n’est pas claire et son équipage prend des risques énormes pour la réaliser. Préparez-vous à avertir la base si nous ne parvenions pas à les stopper.

– Reçu.

Venka alluma la caméra arrière. Des milliers d’étoiles apparurent sur son écran. Le vaisseau terrien se détachait du reste du ciel et avançait rapidement dans leur direction. Il tira à nouveau deux missiles que Venka évita aisément. Puis, lorsque la caravelle fut à sa hauteur, elle manœuvra habilement pour se trouver légèrement au-dessus d’elle. Venka se tourna alors vers l’artilleuse et cria :

– Feu avec grappin !

L’artilleuse s’exécuta. Un projectile relié à un câble fut projeté en direction du vaisseau terrien. Il frappa au niveau de l’arrière et s’ancra.

– Bien tiré. Commencez la descente.

La caravelle terrienne sembla s’approcher doucement, et le vaisseau solarien put se poser sur la carlingue adverse.

– Caravelle 536, ici le capitaine Stone. Nous nous apprêtons à désactiver vos systèmes de pilotage et à forcer l’entrée.

Le vaisseau 4 rejoignit lentement celui de Venka.

– Si vous tentez de vous défendre, les canons du cylindre vous abattront. Nous nous situons à distance optimale pour un feu de barrage.

– Vous seriez détruits avec nous, gronda le capitaine terrien.

– La sécurité de Solar IV et de ses habitants prime. Ils n’hésiteront pas à faire feu.

Le vaisseau 4 se posa près du sas d’entrée de la caravelle. Après quelques minutes, les deux membres d’équipage sortirent armés, en tenue spéciale et sanglé à leur véhicule.

– C’est déjà trop tard, fit remarquer le capitaine terrien.

Son ton glaça Venka. Elle demanda :

– Comment ça ?

La voix de Contrôleur 1 coupa la communication.

– Vaisseau leader, vaisseau leader, vous me recevez ?

– Oui je vous reçois.

– Le vaisseau terrien a hacké les systèmes de communication internes du cylindre. Il diffuse une vidéo de l’OSU.

– Lancez-là sur l’ordinateur.

Le visage d’un vieil homme apparut sur l’écran. Sa peau noire tranchait avec ses yeux bleus très clairs. Il parlait d’une voix calme, chaleureuse, comme celle d’un grand père en qui l’on aurait pleinement confiance.

– … vous comprendrez donc, chers amis, qu’en tant que secrétaire général de l’Organisation Spatiale Unie, il est de mon devoir d’agir fermement. Nous ne pouvons laisser une grève violente détruire tout ce que nous avons accompli depuis des décennies, des siècles même. Beaucoup de martiens ont été entrainés par des casseurs, très bien organisés, qui cherchent à déstabiliser l’ordre public pour satisfaire leurs propres intérêts. Ils sont dangereux et armés, et je vous fais la promesse que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour arrêter ces criminels et rétablir l’ordre sur Mars.

Un léger sourire naquit au coin de ses lèvres.

– Je sais que Solar IV a toujours été un allié du gouvernement terrien et l’un des piliers de l’OSU. Vos systèmes de télécommunications effectuent un travail formidable. Sans vous, l’être humain serait encore coincé sur Terre, et notre civilisation serait restée au stade aérien. Mais voilà, malgré tout ce travail, malgré cette loyauté inébranlable, certaines élites corrompues de votre station ont comploté avec les terroristes martiens.

Il fit une pause, comme pour ménager son suspens ou pour laisser le temps aux habitants de Solar IV de s’indigner. Il se lécha brièvement le coin des lèvres. Ce geste répugna Venka.

– Vous comprendrez donc que nous devons agir pour mettre ces individus hors d’état de nuire. Si vous voyez ce message, c’est que notre opération est déjà un succès. Votre cylindre est placé sous contrôle terrien, et ce jusqu’à ce que l’ordre soit restauré. Un administrateur provisoire sera nommé dans les jours qui viennent et rejoindra votre station d’ici quatre mois. Des forces armées l’accompagneront afin de garantir la sécurité de chaque citoyen et citoyenne de Solar IV, je m’y engage. Je m’adresse maintenant aux éléments agitateurs. Si vous refusez de vous rendre, ou si vous persistez dans vos actes malveillants, c’est l’intégralité du cylindre qui devra malheureusement en subir les conséquences.  

Dans la station, un vent d’indignation soufflait. A Solar IV, une tradition du débat et de la protection des libertés primait. Elle se situait à plusieurs mois de voyage de la Terre, et cette distance avait été le terreau fertile aux idées libertaires, voire anarchistes. La seule contrainte réelle s’appliquait sur la natalité : il ne fallait pas dépasser les limites du cylindre. Mais une fois que l’on naissait, on jouissait d’une grande liberté d’action, de parole et de mouvement. De manière naturelle, les besoins en main d’œuvre s’alignaient avec ceux de la station. On poussait les enfants à s’intéresser à au moins trois ou quatre métiers différents afin qu’ils ne s’ennuient jamais. On débattait de tout, on votait souvent, et de nombreux chercheurs en sciences politiques venaient étudier la démocratie quadrosolarienne, celle qui avait réussi. Alors lorsque le secrétaire général de l’OSU annonça des mesures coercitives à l’encontre de la station, la gronde s’empara du cylindre. Des centaines de citoyens voulurent se réunir spontanément dans les rues et les champs pour décider de la marche à suivre.

– Je vous conseille également de vous rendre vers la ceinture de sécurité la plus proche, déclara la voix grave du secrétaire général. Tant que l’ordre n’est pas rétabli, nous devons stopper la rotation de tous les cylindres. Nous commençons par un arrêt d’une dizaine d’heures. C’est une garantie nécessaire pour faciliter l’intervention des forces de l’OSU sur Mars. Je vous remercie de votre compréhension.

Cette fois, ce fut la panique


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